Klervia Jaouen et Marianne Métois Lauréats « Le Monde de la recherche universitaire »

Par Thomas BRETON, Doctorant, IRAP, Observatoire Midi-Pyrénnées

En 2013, ce sont deux anciennes étudiantes de Géologie de Lyon qui se sont illustrée et ont toute deux reçu le prix Le Monde de la recherche universitaire: Klervia Jaouen et Marianne Métois. Ce Prix récompense chaque année dix jeunes docteurs : cinq en sciences humaines et sociales et cinq en sciences de la vie, de la matière et des technologies.

Klervia Jaouen

Les isotopes au service de l’anthropologie

La thèse de Klervia, intitulée « Les isotopes des métaux de transition (Cu, Fe, Zn) au service de l’anthropologie » a porté sur la caractérisation et l’interprétation des différentes signatures isotopiques en Fe, Cu et Zn entre hommes et femmes, mais aussi entre populations d’origines différentes. Klervia a effectué sa thèse au Laboratoire de Géologie de Lyon (LGLTPE de l’ENS de Lyon).

Marianne Métois

Subduction et aléa sismique au Chili

La thèse de Marianne est intitulée « Quantification du couplage au long de la subduction chilienne ». Elle porte sur l’étude de la subduction de la plaque Nazca sous l’Amérique du Sud, et notamment sur la déformation de la plaque sud-américaine qui accommode les contraintes accumulées. Marianne a effectué ses travaux à l’Ecole Normale Supérieure de Paris (UMR 8538) et à l’IPGP.

Félicitations, c’est encore une belle réussite !

Klervia Jaouen – Prix van Straelen de la Société Géologique de France

Par Thomas BRETON, Doctorant, ENS de Lyon

Après Jessica Flahaut en 2011, c’est une autre Géologue de l’ENS de Lyon que la Société Géologique de France met à l’honneur cette année pour son Prix de Thèse van Straelen. En effet, il y a quelques semaines, Klervia Jaouen a reçu ce prix pour les travaux qu’elle a réalisé durant sa thèse intitulée « Les isotopes des métaux de transition (Cu, Fe, Zn) au service de l’anthropologie« . Le Prix van Straelen récompense chaque année une thèse méritante dans le domaine de la Terre-surface.

Sexe isotopique et étude des populations

KlerviaJaouenLa thèse de Klervia menée au Laboratoire de Géologie de Lyon, lui a permis de mener des études isotopiques (Fe, Cu, Zn) sur les tissus d’un certain nombre d’individus d’origines très diverses, et de mettre en avant plusieurs phénomènes majeurs, comme par exemple la distinction entre les homme et les femmes en termes de composition isotopique en Fe, Cu et Zn, l’évolution de la composition isotopique en Fe et en Cu du sang des femmes, et l’influence de la ménopause, et enfin les variations de composition isotopique en fonction de l’environnement des individus.
Bien entendu, toutes nos félicitations l’accompagnent !

La chondrite de Cheliabinsk

Par Thomas Breton, Doctorant, ENS de Lyon

Le 15 février 2013 au matin, l’impressionnante chute d’une météorite surprenait la population de Chelyabinsk (Russie) et de ses environs, à 9h22 (heure locale). Son explosion à une vingtaine de kilomètres d’altitude a entrainé de nombreuses blessures et destructions matérielles.

Nous résumons ici quelques données au sujet de cet astéroïde, provisoirement nommé Chebarkul, du nom de la ville dans laquelle la masse principale semble être tombée et désormais officiellement nommée Chelyabinsk. Malheureusement, elle est tombée dans un lac, créant un trou de 6 mètres de diamètre dans la surface gelée.

imageCette météorite est aujourd’hui recensée officiellement par la Meteoritical Society.

D’après le Meteoritical Bulletin MB101, il s’agit d’une chondrite ordinaire LL5 S4 W0.
Sa vitesse d’entrée dans l’atmosphère est autour de 18 km/s, mais avant son explosion, elle est freinée jusqu’à moins de 200 m/s. Sa masse est estimée à 11 000 tonnes pour un diamètre de 18 mètres et une densité de 3600 kg/m3.

En explosant à 25-30 km d’altitude une trentaine de secondes après son entrée dans l’atmosphère, elle aurait libéré une énergie de 500 kT, ce qui correspond à peu près à 30 bombes atomiques. Le souffle de l’explosion a fait environ 1500 blessés indirects (chute d’objets, explosions de vitres) dont deux graves et plus de 7000 bâtiments ont endommagés.

D’après les premières analyses, cette chondrite ordinaire (LL5), contient 10% de fer, des silicates (olivines et orthopyroxènes) et des sulfures (troïlite). Elle présente aussi d’abondants chondres (63%) qui peuvent mesurer jusqu’à 2 mm de diamètre (0.93 mm en moyenne). Enfin, de nombreuses veines contenant du verre d’impact, des fragments de la météorite et des morceaux de chondres témoignent de la violence de l’impact qui a arraché cette météorite à son corps parent il y a plusieurs centaines de millions d’années.

Des calculs de trajectoires précis ont pu être effectués grâce au grand nombre d’enregistrements (vidéos…) de la chute et la météorite semble provenir de la ceinture d’astéroïdes, en particulier de la famille des astéroïdes géo-croiseurs Apollos.

A ce jour, une centaine de kg a été retrouvée officiellement, et on estime au moins double la quantité récupérée par les habitants des environs. Les fragments retrouvés vont de quelques grammes à 2 kg.

Un peu de lecture

Si vous voulez plus de détails, je vous conseil d’aller voir ce qu’en disent la NASA, le Jet Propulsion Laboratory et la Meteoritical Society.